La sensibilité

On parle de haute sensibilité, de sensibilité élevée, ou encore d’ultrasensibilité pour désigner une sensibilité plus élevée que la moyenne, telle que l’a décrite Elaine Aron. 

Pourquoi à l’Observatoire nous n’employons pas le terme « hypersensible » ?

 

En France, dans le langage courant, on entend très souvent le terme « hypersensible » pour désigner une personne dotée d’une sensibilité élevée. Dans ses recherches, dès 1996, Elaine Aron parle de high sensitive person, c’est-à-dire « personne hautement sensible » si on le traduit directement de l’anglais. En France, on a choisi de traduire (notamment les ouvrages d’Elaine Aron) par un terme qui existait déjà par ailleurs : « hypersensible ».

Or les mots « hypersensible » et « hypersensibilité » sont employés dans le milieu médical pour évoquer un trouble pathologique. D’ailleurs, le dictionnaire de l’Académie française nous dit que le préfixe « hyper » est un élément de composition signifiant « au-dessus », « au-delà de la normale », servant à marquer l’excès pour former de très nombreux termes scientifiques, notamment des termes médicaux, comme « hypertension », par exemple. De fait, l’hypersensibilité concerne divers troubles tels que les allergies, l’asthme, le syndrome du côlon irritable, les maladies auto-immunes,  le stress traumatique ou le stress chronique, les troubles du spectre autistique, la dépression, la schizophrénie…

Dans la recherche scientifique, on désigne la haute sensibilité par le terme « sensibilité au traitement sensoriel ».

On estime qu’environ 30 % de la population est très sensible selon deux études qui datent de 2018. Cette sensibilité élevée concerne autant les femmes, que les hommes. Du point de vue de l’évolution, ce chiffre est trop élevé pour que la haute sensibilité soit considérée comme un trouble ou une pathologie. (E. Aron)

Il existe donc de bonnes raisons de distinguer la haute sensibilité de l’hypersensibilité.

La haute sensibilité n’est pas une pathologie et ne donne pas lieu à un diagnostic, c’est un tempérament, une particularité qui a simplement besoin d’être accueillie et acceptée.

Á l’Observatoire de la sensibilité nous choisissons, comme le font tous les chercheurs internationaux, de parler de haute sensibilité, de sensibilité élevée ou d’ultrasensibilité et de ne plus employer le terme « hypersensibilité » qui nous semble dévalorisant et induit de la confusion avec des termes médicaux.

Les termes ultrasensibilité et ultrasensibles sont utilisés en langue française depuis le 19 ème siècle pour désigner les personnes particulièrement sensibles, notamment les artistes.

 

Quelles sont les caractéristiques de la haute sensibilité ?

  • Traitement sensoriel approfondi des informations ;
  • Hyperstimulation qui amène une saturation ;
  • Des émotions plus intenses, plus variées, plus durables, plus mélangées et une perméabilité aux émotions des autres ;
  • Sens des nuances et des subtilités (capacité à percevoir les détails et la communication implicite) ;
  • La sensibilité avantageuse : un individu hautement sensible est plus fortement impacté par un environnement de stress, de violence, de misère, de rejet… A contrario, ce même individu très sensible, s’il évolue dans un environnement de calme, de confiance, de respect, de soutien, d’encouragement, sera en meilleur santé que les autres, développera de meilleures relations sociales, sera plus enthousiaste et optimiste, réussira mieux dans ses activités, etc.

Il est important de préciser qu’il n’existe pas de portrait robot de la personne hautement sensible. Chacun aura sa propre façon de vivre sa sensibilité élevée en fonction de sa personnalité, de son environnement, de son histoire personnelle… Il existe des personnes hautement sensibles qui sont introverties, d’autres qui sont extraverties, ou encore des personnes qui sont un peu des deux en fonctions des situations (ambiverties).

 

Vous vous posez des questions sur votre sensibilité ?

Nous vous proposons un questionnaire qui vous permettra de vous situez par rapport à votre sensibilité.